ترجمه مصوبات کنگره 14 به زبان فرانسه

 سازمان فدائیان خلق ایران (اکثریت)    

L’Organisation des Fadaïans du peuple d’Iran - Majoritaire

 

L’Organisation des Fadaïans du peuple d’Iran (Majoritaire) a tenu son 14ème Congrès biennal du 9 au 11 avril 2015 à Cologne en Allemagne, en présence des cadres, d'un certain nombre de ses membres, ainsi que les délégués de certains partis progressistes nationaux et étrangers.

Durant le Congrès, les documents suivants, préparés par le conseil central ont fait l’objet de débats intenses :

 

1) Le projet nucléaire ;

2) Nos idées politiques : le gouvernement d’Hassan Rohani et notre politique ; Le guide suprême, Les forces militaires et de sécurité et l'extrême droite; La situation économique du pays; La situation politique du pays ; Les élections ; L’opposition; Nos revendications, exigences et             nos politiques.

3) Discussions autour d'une démarche de formation d’unité de gauche

4) Questions régionales : le fondamentalisme islamique, principal risque dans la région.

5) Résolution politique du quatorzième Congrès sur les problèmes ouvriers.

 

Vous trouverez ci-dessous la synthèse élaborée à partir de ces débats:

Le 14ème Congrès de l’organisation des Fadaïans du peuple d’Iran(Majoritaire).

    Pour la liberté, la prospérité et la justice sociale,

    Contre la tyrannie et la corruption du gouvernement.
 

(1)

  1. 1. Le projet nucléaire et nos politiques

Après des années de négociations, suivies par des mois et des semaines de discussions intensives, le représentant diplomatique de la République islamique d'Iran et le groupe des 5 + 1 réunis (les États-Unis, la Grande Bretagne, la France, la Chine, la Russie + l’Allemagne), ont convenu de trouver des « solutions » sur le programme nucléaire de la République islamique d'Iran. Cette entente est une condition préalable, mais insuffisante pour résoudre la crise nucléaire et ouvrir l'économie iranienne.

Nous espérons que les deux parties respecteront leurs obligations d'ici au 30 juin 2015, date de la signature d’un accord définitif, sans céder aux extrémistes qui cherchent à interrompre l’entente et la poursuite des négociations. Les deux parties doivent trouver des solutions sur les points de litige et s'entendre sur les détails, afin de signer l’accord dans le délai imparti.

Cet accord sur le projet nucléaire iranien est primordial pour les intérêts nationaux et pour le peuple d’Iran. Le projet nucléaire reste subordonné aux menaces militaires, aux sanctions économiques et à la question des moyens de subsistance de notre peuple. Nous saluons les efforts des deux parties de la délégation qui œuvrent pour parvenir à l’accord final, et nous espérons que la signature d’un accord global aboutisse à la levée des sanctions économiques, dont le peuple et particulièrement les travailleurs, la classe laborieuse, ainsi que les unités de production supportent le fardeau. Il s'agit là de réduire les pressions économiques sur cette population.

Le développement du projet nucléaire de la République islamique a imposés des coûts lourds à notre  pays. En résistant à la transparence, recommandée par l’agence internationale de l’énergie nucléaire, l'AIEA, le pouvoir en place a fourni le prétexte à un transfert du dossier nucléaire vers le Conseil de sécurité des Nations Unies. Cela a abouti à la mise en place par ce Conseil des Nations Unies de sanctions paralysantes pour l’économie du pays. Et depuis l'entrée en vigueur de ces sanctions internationales, des centaines de milliards de dollars ont été perdus, des occasions en or pour la construction et la croissance économique du pays ont été gâchées. Le dommage est irréparable pour notre pays. Les dirigeants de la République islamique, en particulier Ali Khamenei, le guide suprême du régime, doivent répondre du pourquoi d'un tel projet nucléaire et ses conséquences néfastes.

Nous avons toujours dit que la technologie nucléaire à des fins pacifiques, l'utilisation de cette technologie dans les secteurs médicaux, a été et reste un droit pour l'Iran. Par contre, nous considérons que la politique nucléaire, la stratégie de développement d'un projet nucléaire et d'enrichissement de l'uranium à l'intérieur du pays sont contre les intérêts nationaux.

Nosidées politiques :

-Notre organisation soutien la négociation et l'accord entre l'Iran et le groupe des 5 + 1.

-Nous considérons que le programme nucléaire de la République islamique d'Iran – en tant que projet pour l’énergie – représente un gâchis du capital du pays, il est dangereux et sans perspective. L'Iran possède d’immenses ressources fossiles. Notre position est pour une énergie de l'avenir, s'appuyant sur le développement progressif d'une énergie renouvelable et propre. Elle pourrait prendre la place de l'énergie nucléaire, voire de l’énergie fossile dans le futur.

- En tenant compte des ressources de pétrole, de gaz, et de la possibilité à produire de l'énergie propre, et en considérant également la situation géographique de l’Iran qui se trouve sur plusieurs zones sismiques, la mise en place de centrales nucléaires est non seulement peu économique, mais elle peut s'avérer catastrophique. Nous exigeons la résiliation des récents contrats signés entre la République islamique et la Russie pour le développement de ces programmes nucléaires à des fins énergétiques.

2- Le gouvernement d’Hassan Rohani et notre politique.

Hassan Rohani a remporté la majorité des votes des participants à l'élection présidentielle en promettant d'apporter et de sauver le pays d'une situation catastrophique en apportant un changement. Cette victoire a suscité beaucoup d'espoir parmi de nombreux Iraniens, qu’ont imaginé que le pays allait enfin sortir d'une crise interne et internationale affaiblissant sa population.

Rohani et son gouvernement ont pris des mesures pour résoudre l’épineux problème du projet nucléaire et endiguer l'inflation, mais ils ne sont pas en mesure de réaliser nombre de leurs promesses de campagne.

Les forces de sécurité continuent d'exercer la pression et imposent une atmosphère sécuritaire lourde sur les militants politiques, les organisations non gouvernementales et les mouvements civiques. Les prisons sont encore pleines de prisonniers politiques et les dirigeants du «Mouvement Vert » sont toujours assignés. Dans les domaines de la violation de la liberté d'expression et d'information, rien n'ont changé. La République islamique d’Iran fait toujours partie du classement des «cinq plus grandes prisons du monde pour les journalistes » et Reporters sans frontières  qualifie le régime iranien d'ennemi de l'Internet dans le monde. Depuis l’arrivée de Rohani au pouvoir, le nombre d'exécutions a même augmenté.

De fait, le guide Ali Khamenei, les forces militaro-sécuritaires et l'extrême droite (conservateurs), avec l'aide du parlement et du pouvoir judiciaire, interférent et créent des obstacles au pouvoir exécutif de Rohani. Mais le gouvernement de M. Rohani a, dans le cadre de son pouvoir, choisi la politique de la discrétion. Et il ne fait rien pour écarter les obstacles, briser l'atmosphère de sécurité en vigueur dans le domaine de politique, civique et culturel, rien non plus pour s'opposer à la sévère censure des médias, et rien pour assurer la liberté d'échanges d'informations, en ne contrôlant pas ces organes de sécurité indociles. Rohani ne prend pas de mesures sérieuses et efficaces qui permettraient d'offrir un terrain favorable à la formation de partis démocratiques, de syndicats indépendants et d'ONG, ni de promouvoir des forces réformatrices sur la scène politique du pays. Il  ne réagit pas non plus et continue d'approuver le guide suprême dans ces choix d'exécutions politiques, de persécution des militants et de la société civile. Il ne fait rien non plus pour la liberté des prisonniers politiques et des leaders du « Mouvement Vert » assignés à résidence, rien contre la fermeture de journaux et les violations flagrantes des droits de l'homme. Le gouvernement de Rohani a présenté un projet de charte pour les droits des citoyens et la liberté des partis. Mais ces chartes vont à l'encontre des droits humains et de la liberté des partis politiques.

Nous accueillons toutes les mesures que le gouvernement de Rohani prend en faveur des intérêts nationaux, du cheminement de la société vers un processus démocratique. Mais en tant qu'opposition à la République islamique, nous critiquons les politiques nuisibles, ainsi que la servitude de M. Rohani vis-à vis d’Ali Khamenei et des ultras. Nous sommes particulièrement  opposés aux politiques anti-ouvrières du gouvernement de M. Rohani et nous nous battons pour empêcher leur mise en œuvre. Nous soutenons les revendications du peuple, auxquelles M. Rohani avait répondu positivement durant ses campagnes. Elles portaient sur les droits de l’homme, les libertés civiles, la fin d'une atmosphère sécuritaire, l'ouverture de l’espace culturel, la levée des barrières pour l’organisation des travailleurs, les enseignants et autres groupes de salariés. Nous insistons sur la libération des prisonniers politiques et la levée de l'assignation de M. Moussavi, son épouse Mme Rahnavard et M.Karroubi.

Si M. Rohani veut appliquer sérieusement ses promesses de campagne, il ne doit pas se contenter  de polémiques verbales avec les ultras (fondamentalistes, principalistes) et les forces armées des Gardiens de la Révolution. Il est nécessaire d’une part qu'il adopte une politique d'action globale et continue dans le sens de ses promesses. D'autre part il faut qu'il lève tout l’obstacle empêchant l'existence de groupes sociaux et politiques divergents. S'il n'agit pas, les forces ultraconservatrices iraniennes ne tarderont pas à laminer le gouvernement « modéré » de M. Rohani.

3- Le guide suprême, les forces militaro-sécuritaires et l'extrême droite (les ultraconservateurs).

La structure politique fondée sur le dogme de jurisprudence et les instances affiliées, constituent des obstacles sérieux sur le chemin de la démocratie et le progrès du pays. Le pouvoir politique est en grande partie concentré entre les mains du guide suprême, les forces militaro-sécuritaires et l’extrême droite (les fondamentalistes, principalistes). Ce bloc au pouvoir est le principal obstacle aux changements politiques internes et externes. Nos combats visent la transition de la dictature religieuse vers une république démocratique et laïque, contre le bloc au pouvoir et la structure politique fondée sur le dogme de jurisprudence.

4- La situation économique du pays.

Pour freiner les tendances négatives des indicateurs macro-économiques et réorganiser l'état chaotique de l'économie, M. Rohani a choisi une équipe d'économistes du pays. Dès les débuts, son équipe d’économistes a pris des mesures pour endiguer l'inflation, et elle y est parvenue, à l'aide d'une politique monétaire et budgétaire. Dans le même temps, le gouvernement de Rohani a pris des mesures anti-corruption et a mis en œuvre un programme de santé. Mais une stagflation  domine encore l'économie du pays et il n’y a aucune perspective à l’horizon pour des changements importants des indicateurs macro-économiques dans le secteur manufacturier, peu d'espoir aussi d'assister à une baisse du taux de chômage, ou de voir s'améliorer concrètement le quotidien socio-économique des gens, en particulier des travailleurs.

Le gouvernement de Rohani est confronté à de nombreuses difficultés dans la sphère économique. Malgré cela, pour tenter de régler ces problèmes et surmonter la crise, le gouvernement a pris des décisions politiques clairement néolibérales. Pour sortir de la crise de stagflation, le gouvernement voudrait charger une partie de fardeau sur le dos des ouvriers et des salariés. Pour parvenir à ce but, le gouvernement et le parlement iranien essaient de faire modifier le droit du travail au détriment des travailleurs et au profit des patronats.

La crise économique et la corruption dans la République islamique sont enracinés dans les structures étatiques. L’économie est étatique et quasi-publique, rentière, elle subit les interférences des forces des Gardiens de la Révolution, des fondations religieuses, et du clientélisme. Au cours des dernières années, la situation des groupes de population, en particulier la vie des travailleurs s'est détériorée. Les couches moyennes de la société sont en décomposition et une grande partie des Iraniens de cette couche a basculé vers les classes inférieures de la société, bien qu'une mince partie de la société ait amassé de fabuleuses fortunes. L’écart entre la pauvreté et la richesse s'est gravement accrue, et la fracture sociale a pris une ampleur sans précédent. Agir de la sorte, n'offre aucune perspective pour surmonter la crise économique et améliorer le niveau de vie de la classe ouvrière, des salariés et de la couche intermédiaire. Selon les experts économiques, avec la chute du prix du pétrole, l'inflation et le chômage vont augmenter dans les prochaines années.

Nous pensons que pour surmonter la crise économique et éradiquer la corruption, il faut prendre des décisions courageuses en matière de politique, à l'échelle macro-économique. À cet égard, à court terme les stratégies suivantes sont nécessaires:

résolution de la crise nucléaire ; levée des sanctions économiques internationales ; apporter des changements importants dans la politique étrangère vers une normalisation des relations avec les États-Unis ; renforcement de la coopération avec les gouvernements et la communauté internationale ; mise en place de programmes pour réduire la dépendance de l'économie aux revenus pétroliers ; enlever les obstacles dans les unités de productions ; réduire le rôle des fondations religieuses liées au régime dans les secteurs économiques ; prendre des mesures adéquates pour orienter les capitaux vers l’industrie ; attirer des capitaux étrangers pour l'investissement dans les secteurs productifs en tenant compte de la sécurité d’emploi, du bien-être des travailleurs, et des intérêts nationaux ; contrôler la bourgeoisie foncière et immobilière ; réduire les budgets des organismes militaro- sécuritaires, des renseignements, ainsi que des agences de propagande ; la réduction et l'élimination du budget dédié aux centres religieux ; forcer les secteurs économiques sous la responsabilité du guide suprême (fondations, Astan Qods Razavi, ...)à payer des impôts ; exclusion et expropriation systématique des Gardiens de la Révolution et du Bassij (les milices) de l'activité économique ; couper l'aide au gouvernement de la Syrie, du Hezbollah Libanais et d'autres courants islamiques .

5- La situation politique du pays.

Notre pays fait face à de nombreuses crises : une crise économique, une crise de la production, la poursuite des sanctions, l'inflation, la hausse de la pauvreté, le chômage massif, la condition misérable des travailleurs et de la classe laborieuse, l’accélération des fractures sociales.

La corruption a englouti de fond en comble le régime au pouvoir, et celui-ci poursuit sa domination politique en s'appuyant principalement sur la répression d'une majorité, grâce à la manne pétrolière dont il bénéficie. Le prix du pétrole a fortement chuté et l'économie est confrontée à une plus grande difficulté. D’autre part le potentiel de protestation social est très fort. Le mouvement de protestation est vif et en quête d'opportunités pour émerger politiquement et socialement. Dans une telle situation politique, les protestations peuvent réapparaître et s'étendre, intervenir dans les conflits d’alternance du pouvoir, et prendre le régime d'assaut. Il est nécessaire d'être attentif à de possibles mouvements sociopolitiques. Il faut renforcer en particulier les mouvements de protestation pour les changements politiques et sociaux.

6- Les élections.

Les élections législatives se dérouleront cette année aux alentours de décembre 2015, simultanément avec les élections du Conseil des experts(le rôle de ce conseil est élire le guide suprême !). Compte tenu de la situation politique et économique du pays et des rapports de forces au sein du gouvernement, les élections auront une certaine influence sur les processus politiques dans le pays. Bien qu’on ne puisse toujours pas avoir une vision claire des dynamiques de rassemblement et de face à face des forces politiques au sein du pouvoir, nous pensons qu’en tant d’opposition, nous devrons influencer l’orientation des forces pro-démocratiques. Dans le même temps nous devrons dénoncer le caractère non démocratique des élections dans la République islamique. Nous participerons activement dans la campagne des élections législatives, en mobilisant les forces pour demander l’abolition du Conseil de surveillance électorale utilisée par la République islamique.

Le slogan d’élections libres est l’un des axes de notre ligne politique. Au cours des dernières années, ce slogan a pénétré de plus en plus les rangs des forces politiques iraniennes. Des élections libres doivent inclure les forces politiques de l'opposition, y compris celles qui critiquent. Mais la condition préalable pour une élection libre est l’ouverture d’espaces libres et la possibilité d’action en toute liberté des partis politiques d’opposition, des syndicats démocratiques, des mouvements sociaux, la liberté de presse et la liberté de rassemblement, l'abrogation des lois discriminatoires, la liberté de laisser tous les groupes sociaux choisir librement leurs convictions et leurs croyances religieuses, philosophiques et politiques, la liberté des droits de l’homme.

La République islamique d’Iran comme tous les régimes despotique, est confrontée à une crise de succession. C'est une question qui pourrait provoquer une crise profonde pour le régime. La désignation du successeur du guide suprême Ali Khamenei est une difficulté de taille pour la République islamique. Jusqu’à présent, aucun signe n'a montré qu'une solution avait été envisagée pour régler la succession. Mais selon la constitution, l’élection du guide suprême appartient  à  l'Assemblée des experts. C’est la raison pour laquelle les prochaines élections de l'Assemblée des experts est très importante pour la République islamique. Il est probable que cet organe occupe une place centrale et qu'il soit l'objet de toutes les attentions de la part des différentes factions du régime. Les intérêts des militaro-sécuritaires des Gardiens de la Révolution, ne peuvent fructifier sans un appui fort de l'Assemblée des experts qui élirait ainsi le prochain guide suprême sous leur influence.

7- L’opposition.

Pendant le « Mouvement vert » (contestation à l'élection présidentielle de 2009) des forces nouvelles ont rejoint les rangs des critiques et opposants à la République islamique. Avec la formation du Mouvement vert, les rangs des critiques et d’opposants sont devenus multicolores et plus diversifiés. La distance entre les forces politiques à l'intérieur et l'extérieur du pays s'en est trouvée réduite, et le dialogue et la coopération a été établi entre les différents courants politiques et le Mouvement Vert. Mais la coopération entre les forces de l'opposition laïque et démocratique sont affaiblis et leurs efforts sporadiques n’ont pas été très fructueux.

Nous considérons la république séculaire (laïque) comme une valeur démocratique. Sur ce point nous sommes intransigeants. Le rapprochement et la coopération des forces républicaines démocratiques et laïques est indispensable et une large alliance de ces forces doit figurer au cœur de la stratégie des alliances politiques et organisationnelles. Nous nous efforçons de favoriser une telle émergence, conjointe, pour renforcer cette tendance.

Nous accueillons toujours favorablement le dialogue entre les différentes tendances de l'opposition et les critiques du régime, et nous considérons que ce dialogue sert à promouvoir la culture démocratique.

8- Nos revendications, exigences et nos politiques.

-Depuis l'élection présidentielle de 2013 à nos jours, le nombre d’exécutions a augmenté. Nous sommes opposés à la peine de mort et soutenons également la «Campagne pour l'abolition de la peine de mort étape par l'étape ».

- Nous exigeons la libération de tous les prisonniers politiques et la levée «des assignations » de   Madame Zahra Rahnavard et MM. Moussavi et Mehdi Karroubi.

- Nous sommes solidaires avec la lutte des travailleurs, des ouvriers, des enseignants, des infirmiers et des autres salariés de notre pays et nous soutenons leurs revendications, leurs organisations, la formation de syndicats indépendants, la reconnaissance du droit de grève et le droit de conclure des conventions collectives pour les travailleurs, la sécurité de l'emploi et leur bien-être.

- Nous combattons les lois anti-femmes, la discrimination de la République islamique, et la culture patriarcale. Nous luttons pour l’égalité des droits entre les femmes et les hommes. Et nous soutenons le mouvement des femmes.

-De notre point de vue, le « Mouvement vert » est vif et influence la scène politique du pays. Ce mouvement est un arc en ciel composé de diversités. Dans ses rangs, il existe différents courants de pensée et plusieurs groupes politiques. En tant qu’organisation qui appelle à l'établissement d'une république démocratique et laïque dans le pays, nous estimons appartenir à cette mouvance et nous la défendons. Et nous nous efforçons d'aider à sa poursuite, son expansion et son succès.

- Nous condamnons les exécutions et la pression sur les militants nationaux -ethniques et nous défendons les droits nationaux- ethniques. À cet égard, nous réaffirmons l'importance de la lutte civile et pacifique, et le rôle des ONG. Nous condamnons la privation du droit à l'éducation de la minorité religieuse Bahaï.

- Malgré certaines mesures prises par le gouvernement, les universités du pays ne disposent pas encore d’espaces de liberté. Nous soutenons les combats des étudiants pour atteindre la liberté, la justice sociale et restaurer la démocratie dans le pays, l'indépendance des universités, le retour des étudiants expulsés des universités, l'ouverture de l'espace pour des activités politiques, syndicales estudiantines dans les universités. Et nous appelons à la libération des étudiants encore emprisonnés.

-Les journalistes sont agressés par régime pour leur rôle dans la diffusion des informations. Nous voulons que la liberté d'expression, d’écrire, de penser, la liberté de la presse et la libre circulation de l'information soient assurés. Nous défendons la lutte des journalistes contre la censure. Nous soutenons la liberté des écrivains et des artistes dans la production de la propriété intellectuelle, littéraire et artistique.

- Nous défendons la lutte des avocats indépendants dans leur défense des prisonniers politiques et  des prisonniers de conscience. Nous appelons à la libération des avocats et des défenseurs des droits de l’homme.

- Dans le régime despotique de la République islamique d’Iran, la corruption est structurelle et parfois une partie de celle-ci transparaît dans les médias. Aujourd'hui la dénonciation et la révélation de la corruption gouvernementale est liée à la lutte contre la tyrannie. Nous nous concentrons sur la lutte contre la corruption du gouvernement, y compris la corruption économique. La lutte contre la corruption exige la transparence des activités économiques, l’existence de médias libres qui puissent avoir accès aux informations concernant ces activités, l'existence d'associations professionnelles et d'ONG qui puissent surveiller les activités économiques du gouvernement et de ses responsables.

- La situation de l’environnement est catastrophique. Nous appelons à des mesures globales et les financements nécessaires pour protéger l'environnement. Il est essentiel de changer la stratégie industrielle du pays, en adoptant des règlements et procédures adéquates pour empêcher la destruction des forêts, des pâturages et l'assèchement des lacs et des marais. Il faut allouer des budgets conséquents pour résoudre le problème du vent des sables. Il faut également encourager et planifier l'utilisation efficace de l'énergie en fonction de normes environnementales et réduire la propagation des agents contaminants et cancérigènes.

- La condition de vie de millions de réfugiés afghans en Iran est très préoccupante : les expulsions forcées, le harcèlement, la séparation des enfants de leurs familles, l’exécution et la détention arbitraire des Afghans sans qu'ils n'aient commis d'infraction pénale. Nous appelons à mettre fin à la maltraitance des réfugiés afghans par le gouvernement iranien, et nous demandons au  gouvernement afghan d'entretenir la négociation avec le gouvernement iranien pour assurer les droits des Afghans en Iran.

- De manière continue et en raison de la crise économique et des politiques de gouvernement, la vie des grands groupes de population, en particulier celle des travailleurs, des salariés, des retraités, des infirmiers et de la population la plus pauvre se détériore. Nous demandons l'élaboration de politiques de l'entrepreneuriat et de fiscalité garantissant les intérêts des classes inférieures de la société, l’augmentation raisonnable des salaires des travailleurs, des enseignants, des infirmiers, des autres travailleurs salariés. Nous demandons une identification des groupes sociaux nécessiteux pour l'attribution de subventions et la création d’un système complet de couverture de sécurité sociale.

 

(2)

Les questions régionales:

Le fondamentalisme islamique, le principal risque dans la région.

- Le Moyen-Orient est une région qui a abrite et accumulé des fractures sociales dont aujourd'hui réanimées. Des tendances contradictoires s'opposent au Moyen-Orient en ce moment. D'un côté, des forces démocratiques prennent de la vigueur, et d'autre part les salafistes et les fondamentalistes islamiques les plus rétrogrades et les plus violents sont devenus une force puissante, accablante pour la région.

- Le fondamentalisme islamique et les groupes djihadistes, particulièrement « Daesh », constituent un grand risque pour la région. Cette nouvelle donne a posé les jalons de nouveaux alignements et disposition des forces dans la région. Bien que les problèmes et les querelles antérieures subsistent et influencent la scène politique régionale, de nouvelles formations sont en cours de constitution contre le risque de l'intégrisme islamique.

- Le Moyen-Orient est confronté à des crises multiples. La solution de ces crises dépend d’une série d'accords et de concessions qui doivent mettre un terme aux politiques expansionnistes des États-Unis et de l’Europe, de l'Arabie Saoudite, de l'Iran et de la Turquie. Les dirigeants des gouvernements de l'Arabie saoudite et du Qatar, de l'Irak et de la Syrie, des États-Unis et d'Israël, de la Turquie et de l'Iran, doivent être prêts à faire des compromis.

- Il est essentiel que des conférences régionales et internationales à l'initiative de l'Organisation des Nations Unies, des acteurs régionaux, des puissances mondiales soient organisées. Et il faut prendre  des initiatives pour mettre fin à la guerre civile en Syrie, en Irak, en Libye et en Yémen. Il faut parvenir à une politique commune et coordonnée contre les groupes djihadistes et surtout Daesh, couper leurs aides financières et leur accès aux armes. Par ailleurs, il faut prendre des mesures nécessaires pour endiguer les appétits des puissances régionales.

- L'une des causes de la crise dans la région revient à la politique extrême et agressive du gouvernement israélien. Les initiatives suivantes pourront mettre fin à la crise:

La fin de la mise à mort de personnes innocentes en Palestine, la fin des opérations terroristes en Israël, réelle participation du gouvernement Netanyahu aux pourparlers de la paix, la mise en œuvre des résolutions de l'ONU sur la question palestinienne, mettre fin au siège de Gaza et arrêter la construction de logements dans les territoires occupés, la reconnaissance de l’État palestinien par tous les pays, l'acceptation de l'existence de deux États, Israël et la Palestine, et le retrait d'Israël aux frontières de 1967.

- Les régimes autoritaires et corrompus soulèvent de grands dilemmes dans la région. En mettant en avant la guerre entre chiites et sunnites, ils ont repoussé dans les marges les mouvements de démocratisation à leur encontre. L'affaiblissement des forces de gauches dans la région après l'effondrement de l'Union soviétique a eu une influence sur le développement des tendances négatives. Toutefois, les jeunes forces dans cette région ont progressé et ils veulent la démocratie, la liberté et les droits de l’homme. Les dictateurs de la région sont contre la démocratisation des sociétés, et par conséquent des systèmes politiques. Le renforcement des forces de gauches démocratiques peut affaiblir le conflit entre chiites et sunnites.

- La politique expansionniste des grandes puissances et des puissances régionales, l’exportation de la  révolution islamique, les attaques armées, les ingérences alimentant la guerre civile, les tentatives d'hégémonie par tel ou tel acteur régional, la tentative d'imposer le chiisme, le wahhabisme, le salafisme, la confrérie des Frères musulmans égyptiens, les néo- ottomans Turc, le talibanisme et le militarisme religieux Pakistanais, le califat de Daesh, sont responsables des conflits et de l'instabilité régionale. Les régimes démocratiques, la reconnaissance des intérêts et le droit des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays, la politique de la réduction de la pauvreté et le développement durable, pourront changer l’aspect du Moyen-Orient et isoler du fondamentalisme.

- Nous soutenons le dialogue et les négociations pour mettre fin à la guerre, rétablir la paix et la stabilité dans la région, une région exempte d'armes nucléaires et chimiques, le respect des droits de l'homme, la démocratisation et la sécularisation des structures politiques et sociales, une solution démocratique pour les Kurdes afin de préserver leurs droits et leur liberté, les droits des femmes et des ethnies, la coexistence et l’amitié entre les religions et les croyances, la coopération économique et la création d’un marché commun, l'utilisation de la richesse pétrolière au service de la croissance économique, de la prospérité et de la justice sociale, en tenant compte de l'environnement. Les intérêts de notre pays consistent à défendre la paix dans la région et ses «zones d'intervention» doivent s'inscrire uniquement dans le domaine des droits de l'homme et non du militaire.

- L'avenir du Moyen-Orient est lié au processus démocratique exprimé par le «printemps arabe »,  en Syrie et en Tunisie, les Cantons du Kurdistan. Les forces de gauche et les mouvements démocratiques de la région peuvent cheminer main dans la main et s’entraider, afin de renforcer des processus démocratiques et contenir l’intégrisme islamique.

 

(3)

La résolution politique du quatorzième Congrès sur les problèmes ouvriers.

Compte tenu des problèmes alarmants des travailleurs et de l’ampleur de leurs protestations à travers le pays, «le groupe du travail» de notre organisation a présenté une résolution au 13ème Conseil central, approuvé par le 14ème Congrès. C’est dire :

- Dans les deux dernières décennies, aucune augmentation des salaires n'a eu lieu proportionnellement à la croissance du coût de la vie. Cela a causé de nombreux problèmes pour les travailleurs et forces laborieuses du pays. Entre autres problèmes, nous constatons : notamment la diminution continuelle du pouvoir d'achat, la détérioration constante des conditions de vie et du bien-être des travailleurs, l’ampleur sans précédant de la malnutrition et des maladies résultant de ces conditions, l’abandon de l’école par des enfants ouvriers et la perte de leur statut social. Ces faits déplorables ont coïncidé avec la répression des activités syndicales, l'élimination de la sécurité de l'emploi par la promotion des contrats temporaires et l'apparition d'entreprises sous-traitantes (intérim), la suppression du code du travail protégeant le bien-être et les droits des travailleurs. Le but de ces mesures, avec la complicité du gouvernement et des patronats, est de maintenir la main-d'œuvre bon marché et d'éliminer la possibilité et le droit de protestation.

- Les promesses non tenues de M. Rohani et de son ministre du travail M. Ali Rabihi, pendant et après l'élection présidentielle sont : l’augmentation du salaire en rapport avec le taux réel d'inflation, la mise en œuvre des conventions de l'OIT, la création d'un espace de liberté pour la société civile, des organisations syndicales indépendantes et la non-ingérence dans leurs activités. Le gouvernement a agi au contraire de la loi et de ses promesses, appliquant les mêmes politiques anti-ouvrières que le gouvernement d'Ahmadinejad. Le « Conseil Suprême du travail », délégué zélé du pouvoir, dominé par le gouvernement et les employeurs, a augmenté le salaire annuel des travailleurs, mais il est resté à un taux inférieur de 10% par rapport au taux d’inflation officiel de l'année écoulée. Cela va à l'encontre de la loi et de la promesse de M. Rohani. En agissant de cette manière, ce « Conseil Suprême du travail » a aggravé l’écart existant depuis les vingt dernières années entre les coûts et les salaires. En fin d'année dernière, les salaires des travailleurs n'ont augmenté que de 14 %, et celui des employés du gouvernement de 17 %, alors que l’inflation a été supérieure à 25%. Les salaires restent en dessous du seuil de pauvreté et du coût élevé des produits de base tels que du pain. Les conditions de vie sont devenues invivables. En conséquence, une vague sans précédent de protestations et de grèves a éclaté à l’échelle nationale.

- La mise en œuvre des politiques anti-travailleurs du gouvernement Rohani, reflète la poursuite des politiques passés et anti-ouvrières du régime. Elles s'illustrent entre autres par la suppression des règles de protection et l'imposition de nouveaux codes du travail. Alors même que les précédents gouvernements n’avaient pas osé les changer en raison de la résistance des travailleurs et des salariés. Notre Congrès avertit des conséquences néfastes de la baisse continuelle du pouvoir d'achat des travailleurs et des salariés. Le Congrès condamne les politiques anti-ouvrières de M. Rohani et de son ministre du travail, Ali Rabihi, qui n’ont pas tenu leurs promesses. Le Congrès, en solidarité avec les travailleurs, les enseignants, les infirmiers et les autres travailleurs salariés, réclame l’augmentation des salaires des travailleurs manuels et intellectuels en rapport avec le coût réel de la vie. Le Congrès suggère la mise en œuvre des promesses électorales de M. Rohani et du ministre du Travail vis à vis des travailleurs et des salariés.

-  Les revendications des travailleurs sont : augmentation des salaires, suppression de la discrimination, garantie des droits pour avoir des syndicats libres et le droit de grève, élimination des entreprises sous-traitantes (intérim), mise au rebut des contrats temporaires pour des emplois qui ont un caractère continu, l'arrêt de la suppression des lois de protection sociale, empêcher la réduction des aides de la sécurité sociale et des services d'assurance, fin de l'abus et de la corruption du gouvernement sur des actifs des établissements appartenant à l'Organisation de la sécurité sociale. Le Congrès soutient la lutte et la revendication des travailleurs et des salariés pour former les syndicats de travailleurs indépendants. Nous estimons que les protestations et les grèves continues, la formation de syndicats indépendants et d'autres formes d'organisations, constituent la façon la plus efficace de stopper et de changer les approches anti-ouvrières du gouvernement. C'est pour cette raison, que nous demandons aux travailleurs et à l’ensemble des salariés de continuer de mener leur lutte pour atteindre leurs demandes qui sont pleinement légitimes. Nous condamnons fermement la tentative acharnée des forces fanatiques discriminantes contre les femmes. Elles cherchent à pousser ces femmes hors du marché du travail vers le foyer. Nous soutenons la lutte héroïque de ces femmes.

-L’année dernière le nombre d’arrestation des militants syndicaux et organisateurs de grèves a augmenté, ils ont subi davantage de licenciements et de menaces. Nous condamnons ces actions et les considérons comme illégales, contraires aux droits des travailleurs de se syndiquer et contraire au droit de citoyenneté. Nous exigeons l'abolition de toutes les condamnations injustes, la libération de tous les travailleurs emprisonnés et le retour au travail des travailleurs licenciés, ainsi que le respect des droits syndicaux.

- Les activités syndicales sont empêchées et interdites, alors que les syndicats du patronat sont reconnus. Pour répondre à leurs intérêts, les organisations d'employeurs jouent un rôle actif dans le processus décisionnel du gouvernement. Nous considérons cette attitude du gouvernement comme   unilatéral, discriminatoire, contraire à la justice et aux droits civils, contraire aux conventions de l'OIT, donc nous exigeons de mettre un terme à cela.

 

 

 

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