Conseil Politico-Exécutif de l’Organisation des Fadaïan du Peuple d’Iran (Majoritaire)
Le peuple et la société iraniens ont besoin, aspirent et sont prêts à un changement fondamental
Chers compatriotes libres !
Depuis deux semaines, après des décennies de protestations et d’éruptions sociales, le peuple iranien exaspéré est de nouveau descendu dans la rue pour exprimer haut et fort son opposition à l’oppression politique, à la discrimination, aux inégalités et au pillage systématique orchestré par un pouvoir centralisé et non responsable devant le peuple. Cette manifestation massive n’est pas une réaction passagère. C’est un cri historique pour le droit de vivre dans un Iran libre et prospère, fondé sur la dignité humaine, l’égalité des droits, la justice sociale et le bien-être. Un droit inscrit au cœur des luttes du peuple iranien depuis plus d’un siècle.
Aujourd’hui, l’Iran traverse une crise profonde, complexe et multiforme, confronté à divers fronts hostiles. D’un côté, le noyau d’un pouvoir mafieux-sécuritaire sous l’égide du Guide suprême, cherche à maintenir son contrôle politique et à conserver sa domination en recourant constamment à la violence et en attribuant les manifestations populaires à un « complot étranger ». D’autre part, les puissances étrangères, notamment les États-Unis et Israël, cherchent à déstabiliser et à affaiblir l’Iran par des plans et des complots, ouverts comme secrets. Parallèlement, des mouvements d’opposition à la République islamique, d’extrême droite, d’inspiration autoritaire et affiliés aux ennemis de l’Iran, ignorant totalement les intérêts du peuple, tentent de s’emparer des protestations légitimes de la société en les instrumentalisant, afin de revenir au pouvoir de manière despotique et de restaurer la tyrannie. La conséquence des actions de ces trois fronts est de pousser notre patrie vers l’effondrement et la ruine.
Le Guide de la République islamique, bien conscient pourtant du sort réservé aux tyrans – à l’instar des monarques de la dynastie Pahlavi – persiste à ignorer aveuglément les revendications légitimes du peuple, ne répondant que par la répression, l’emprisonnement et la violence. D’autre part, l’appel à la riposte violente lancé par les représentants de la tyrannie déchue (le fils de l’ex-chah, ndlr) constitue l’autre face de la même médaille destructrice, dont le peuple paie une fois de plus le prix. Ces deux visages de la tyrannie, tout comme les ennemis étrangers de l’Iran, savent pertinemment que la poursuite des manifestations pacifiques et des revendications non violentes, si elles aboutissent, pourrait les empêcher de se maintenir ou de revenir au pouvoir, en rendant institutionnelle la liberté, la justice sociale et la prospérité.
Nous, les Fadaïan du Peuple d’Iran, considérons que ces trois fronts sont ouvertement opposés aux intérêts de notre peuple et de notre pays. Comme l’ensemble des forces progressistes en Iran, nous croyons que la formation d’un mouvement social unifié autour de revendications claires et concrètes, combinée à une organisation décentralisée et diversifiée de manifestations pacifiques, peut ouvrir la voie à des avancées significatives pour le peuple et à une confrontation plus efficace avec les différentes formes de tyrannie. La société civile consciente d’Iran, les mouvements sociaux interconnectés ainsi que les forces populaires et politiques ont prouvé à maintes reprises leur capacité à faire face, avec lucidité, à la violence émanant de ces trois fronts ennemis du peuple – et chaque fois, ils en sont sortis plus solides et plus déterminés.
Dans une situation où les institutions placées sous l’autorité du Guide du régime, ainsi que les détenteurs visibles et occultes du pouvoir, répriment et massacrent le peuple sans jamais être tenus pour responsables, le pouvoir exécutif se trouve face à un choix historique. Soit il se réduit à n’être qu’un simple exécutant des ordres du Guide suprême, soit il choisit de se ranger du côté du peuple – en repoussant le noyau dur du pouvoir, en retirant les forces de sécurité et les troupes militaires des rues – afin de mettre un terme aux massacres et d’éviter que des coûts plus lourds ne soient encore imposés à la nation.
Un gouvernement qui se considère engagé aux côtés du peuple, et au moins partiellement responsable et fidèle à ses promesses, peut – et doit – prendre des mesures concrètes : libérer les prisonniers politiques, permettre aux organisations de la société civile d’agir librement, et reconnaître le droit du peuple à déterminer son propre destin. Ce n’est qu’en empruntant cette voie qu’il pourra ouvrir un espace à des transformations structurelles et fondamentales, au moindre coût humain et national. S’il n’en est pas capable, il doit au minimum s’abstenir de participer à la répression et à la violation des droits de l’homme – et se retirer.
Au fil des luttes populaires de ces dernières années, plusieurs revendications fondamentales se sont clairement affirmées. La poursuite de ces objectifs, combinée à une pression organisée et persistante sur le pouvoir, peut tracer la voie d’une transition pacifique, créer les conditions de sortie de la crise actuelle, et garantir enfin au peuple la possibilité d’exercer son droit à l’autodétermination. Nous considérons que les revendications suivantes en font partie :
- Liberté des luttes pacifiques, des manifestations et des rassemblements, et fin de leur répression ;
- Libération inconditionnelle des personnes arrêtées lors des récentes manifestations et des prisonniers politiques, des militants des droits civiques et sociaux et idéologiques, et levée de l’assignation à résidence des dirigeants du Mouvement vert ;
- Liberté d’action des institutions de la société civile, des partis politiques et des organisations patriotiques ;
- Élections parlementaires anticipées libres, proportionnelles, et la suppression de la surveillance discrétionnaire (des élections, ndlr) et créer les conditions pour réformer la loi constitutionnelle ;
- Retirer au Guide suprême son autorité sur les institutions militaires, policières et médiatiques ;
- Transférer la gestion des médias d’État à un conseil composé de représentants d’institutions indépendantes de la société civile ;
- Le retrait des institutions militaires et sécuritaires de la politique, de l’économie, des médias et des monopoles financiers.
L’Organisation des Fadaïan du Peuple d’Iran (Majoritaire), qui œuvre pour une transition pacifique de la République islamique vers une république fondée sur la liberté, les droits humains universels, la démocratie, l’égalité et la justice sociale, réaffirme une fois de plus sa disponibilité et sa détermination à coopérer, à tous les niveaux possibles, avec l’ensemble des forces, organisations et personnalités politiques et sociales engagées en faveur de la prospérité et de la liberté du peuple iranien et de l’Iran. Par ailleurs, nous sommes prêts à coopérer afin de concrétiser et de réaliser les objectifs susmentionnés ainsi que d’autres de même nature, et nous n’épargnerons aucun effort à cet égard.
Conseil Politico-Exécutif de l’Organisation des Fadaïan du Peuple d’Iran (Majoritaire)
Dimanche 11 janvier 2026
(۲۱ du mois de Day 1404)


